Subissant des crises économiques et des reformes administratives, le marché du travail au Maroc parvient à évoluer suivant une croissance prometteuse. Bien que le marché soit dominé par les offres provenant des entités institutionnelles, nombreuses entreprises privées commencent à investir dans les ressources humaines. Les secteurs comme le BTP, la distribution et les services ainsi que l’informatique incluant l’offshoring, affichent une hausse tendancielle et prévoient maintes embauches massives pour le dernier semestre de 2010.
La venue des multinationales à cause des opportunités économiques de la région ainsi que l’environnement politique et économique favorable à l’investissement ont pleinement contribué au développement du marché de l’emploi. Pourtant, d’un point de vue quantitatif, le marché marocain ne paraît pas assez satisfaisant aux yeux des hauts cadres qui préfèrent se livrer à une expatriation à Dubaï. La tentation d’immigration vers cet El Dorado s’apparente comme étant un fléau qui mine le capital humain marocain. En effet, la fuite de cerveau et de main d’œuvre est une des plaies de l’économie marocaine. Avec une population à majorité jeune d’une moyenne d’âge de 25 ans pour les hommes et de 27 ans pour les femmes, le Maroc regorge des ressources compétentes, aptes à renforcer l’essor économique du pays. Les statistiques indiquent que la population active compte pour 65,7% de la population totale alors que le taux de chômage parvient à un pourcentage de 9,1% en 2009.
Plus de la moitié de la population active vit en ville. Les offres d’emploi dans les milieux ruraux demeurent relativement bas pour résorber toutes ces ressources alors que les offres en milieu urbain requièrent compétences et expériences, en sus d’une concurrence draconienne. Maroc est réputé pour ses réussites agricoles avec des récoltes records parmi les pays de la région d’Afrique du Nord. Cela n’empêche pourtant pas les paysans d’immigrer vers les villes, renforçant encore la concurrence dans les recrutements. En procédant à des comparaisons du Maroc aux autres pays voisins, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, il s’avère que les procédures administratives en matière de recrutement y sont 4 fois plus difficiles et plus lourdes par rapport aux autres.
Des reformes ont été apportées en 2008 et leurs effets commencent à peine à être perceptibles. Pour illustrer, le recrutement en ligne commence à percer au Maroc grâce à l’ouverture de plusieurs portails numériques destinés à servir une clientèle marocaine et européenne. Une des particularités du marché de l’emploi au Maroc réside dans la sélection basée sur le résultat. En effet, les candidats ayant déjà prouvé leurs aptitudes à assumer les responsabilités du poste dans des fonctions antérieures seront privilégiées par rapport aux nouveaux diplômés bien que ces derniers disposent des qualités et des potentiels requis pour le poste à pourvoir. Le marché du travail marocain est aussi marqué par une importance des ruptures des contrats d’essai. Plusieurs facteurs interviennent dans ce phénomène. Par ailleurs, la tendance veut que les employés acceptent des contrats qui ne leur conviennent pas en attendant de trouver mieux.
De nombreux jeunes pensent également à monter leur propre affaire car l’obtention des prêts au Maroc paraît intéressant et la création d’entreprises peut s’effectuer suivant des procédures allégées avec des coûts amoindris par rapport aux autres pays de l’Afrique du Nord. De plus, travailler au Maroc est souvent perçu comme étant plutôt contraignant car les conditions de travail, y compris les horaires, paraissent plus sévères que chez les autres pays frontaliers.